As-tu jamais lu ce texte du prophète en entier ? Il a été écrit environ 600 ans avant la mort de Jésus sur la croix. Beaucoup se demandent encore : de qui le prophète parle-t-il dans ce texte ?
Car, à première lecture, ce texte est une horreur ! Un vrai scandale ! Comment accepter pareil traitement ? Un innocent écrasé, bafoué, ridiculisé, piétiné, défiguré ! C’est vrai qu’il y en a eu à toutes les époques de l’histoire humaine. Mais de là à écrire que Dieu a voulu l’écraser par la souffrance ! Alors, faut-il accepter la souffrance comme un don de Dieu ? Quelle horreur ! Et en plus, le texte dit : Dieu a voulu. Quel scandale, un Dieu qui se repaît de la souffrance humaine !
Mais de qui donc parle-t-on dans ce texte ? Quel homme a pu être ainsi écrasé par Dieu ? À moins que cet homme ne fasse que représenter tout un troupeau d’êtres humains conduits à l’abattoir. On en a vu beaucoup au cours de l’histoire. Le peuple d’Israël lui-même. Mais cela ne résout pas le problème. Pourquoi Dieu aurait-il écrasé des populations entières ? Il n’y a pas d’explication. On se retrouve devant un mur. Comme à la dernière page du livre d’André SCHWARZ-BART, Le dernier des Justes, au sortir de la Shoah…
De qui le prophète parle-t-il donc ? Il n’y a finalement qu’une réponse. Elle porte un nom, un seul, Jésus de Nazareth. Avant de refuser cette solution, et de retourner inexorablement devant le mur de ta vie, accepte de regarder les choses de plus près. Relis ce que les évangélistes nous disent de la passion de Jésus, arrête-toi devant la croix, regarde le film de MEL GIBSON sur la Passion du Christ, et reviens devant ce texte… Il était sans beauté ni éclat, son apparence n’était plus celle d’un homme, il n’avait plus figure humaine, on était saisi d’épouvante à sa vue. Quand le film de Mel Gibson est sorti, certains se sont dit : ce n’est pas possible, ce film est trop violent, on a envie de vomir devant certaines scènes… Mais Mel Gibson est probablement en dessous de la réalité. Il n’y avait aucune retenue à la brutalité de la soldatesque romaine. Jésus n’était plus qu’une loque humaine, quand il a été présenté à la foule par Pilate. On devait se voiler la face devant lui, et les mères devaient dire à leurs enfants : regarde ailleurs, c’est trop affreux… Mais à travers tout cela, maltraité, il s’humiliait, il n’ouvrait pas la bouche, comme l’agneau sur le chemin de l’abattoir. C’est ce que Jésus a fait, tout au long de son procès. Le plus souvent, il est resté silencieux, il ne répondait pas (Mt 27,11-13), lui, le parfait innocent, “ qui a passé en faisant le bien ” (Ac 10,38)… Il a été mis au rang des criminels. C’est bien ce qui est arrivé à Jésus, traîné hors de la ville et cloué comme un chien entre deux malfaiteurs (Lc 23,32-33)… Nous le considérions comme puni, frappé par Dieu et humilié. C’est ce que les gens pensaient de Jésus : s’il a fini sur la croix, c’est que Dieu l’a abandonné (Dt 21,23 ; Ga 3,13 ; Mt 27,39-44).
Mais le texte nous dit aussi autre chose : la réaction stupéfiante de cet homme. Relis les évangiles. C’est exactement Jésus qui est décrit. Regarde la fin du texte : il s’est livré lui-même à la mort. Jésus a dit : “ Ma vie, nul ne la prend, c’est moi qui la donne ” (Jn 10,18), et encore : “ Ceci est mon corps donné pour vous (…), mon sang livré pour vous ” (Lc 22,19-20)… Mais pourquoi donc ? Pour porter nos souffrances et nos douleurs. Il s’est laissé écraser par la souffrance ; il a pris sur lui nos péchés, il s’est accablé de nos fautes, il a été transpercé à cause de nos péchés. Transpercé ? C’est exactement ce qui est arrivé à Jésus quand le centurion lui a percé le côté (Jn 19,34). Il a voulu prendre notre place. C’est nous qui méritions tous ces châtiments, à cause de toutes nos révoltes contre Dieu. Mais il a tout pris sur lui.
Pourquoi a-t-il fait cela ? S’il offre sa vie en sacrifice expiatoire, il verra une postérité, il prolongera ses jours. C’est bien ce qui est arrivé à Jésus. “ Il m’a aimé et s’est livré pour moi ”, dira saint Paul (Ga 2,20). Il a pris notre place par amour. Il a offert sa vie en sacrifice pour expier nos péchés (He 10,12). Il est allé jusqu’au bout de l’amour… Alors, Dieu a prolongé ses jours, il l’a ressuscité au matin de Pâques. Jésus est à jamais vivant… Il grandira, s’élèvera, sera placé très haut. Jésus triomphe désormais dans le ciel où il règne en vainqueur… Il verra une postérité. Des milliers, des millions de gens à travers les siècles se sont mis à croire en Jésus, à lui confier leur vie. Ils ont trouvé en lui le pardon de leurs péchés, ils se sont réconciliés avec Dieu et vivent désormais une vie toute nouvelle qui continuera dans l’éternité.
Devant cela, des multitudes de nations seront dans la stupéfaction. Oui, quelle histoire complètement folle ! Mais quelle merveille aussi. Un tel écrasement et une telle victoire. De la folie ? Assurément, mais une folie d’amour… Et cela, Jésus ne l’a pas fait tout seul. Dieu – YHWH – a voulu l’écraser par la souffrance. C’était la volonté de Dieu. Une volonté morbide de conduire son fils à la boucherie ? Non, une volonté d’amour infini, un amour fou, prêt à sacrifier son fils afin d’enlever les péchés (He 9,26-28), de sauver ce monde perdu (Jn 3,17 ; 1 Tm 2,3-4), de ramener les hommes et les femmes auprès de lui, de les faire entrer dans son intimité d’amour et d’en faire vraiment ses enfants (1 Jn 3,1). Quelle merveille, cet amour de Jésus et cet amour du Père !
Alors, de qui le prophète parle-t-il ? Il n’y a aucun doute. De Jésus, bien sûr. Quelques années après la mort de Jésus, l’intendant de la reine d’Éthiopie avait déjà posé cette question à Philippe (Ac 7,34). Dès qu’il a compris l’explication de Philippe et saisi le sens du texte, il a tout de suite donné sa vie à ce Jésus qu’il découvrait (Ac 7,37-38). Et il a connu aussitôt une vie nouvelle. Et toi ? As-tu maintenant compris ce texte ? Alors, si Jésus t’a tellement aimé, s’il a donné sa vie pour toi, n’hésite plus, fais comme cet intendant. Donne ta vie à Jésus. Tu “ passeras des ténèbres à son admirable lumière ” (1 P 2,9). Et tu connaîtras en lui une vie toute nouvelle, une vie éternelle.