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Ce texte que tu viens de lire se poursuit dans l’évangile de Jean par ces quelques lignes : “ Car Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui ”. Paul écrira de son côté : “ Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité ” (1 Tm 2,4).

      Dans le monde qui nous entoure, il y a de belles choses, mais aussi, que d’horreurs ! Les guerres ne cessent pas, les tortures continuent, la vie ne compte pour rien, l’alcool et la drogue coulent à flots, les êtres humains sont traînés dans la boue. Nous sommes entraînés dans un bateau en perdition que rien ne semble pouvoir arrêter. La solution facile, c’est de condamner tous ceux qui se laissent prendre à ce monde de brutes. Mais Dieu n’est pas comme cela. Il n’est pas comme les hommes. Il ne veut pas juger, il ne veut pas condamner. Il “ a vu la misère de son peuple ” (Ex 3,7). Et il veut l’arracher à toutes ces puissances des ténèbres qui nous assaillent jour et nuit (Ep 6,12). Il veut sauver ce monde. Il veut sauver tous les hommes de ce monde.

     Alors, dans sa folie d’amour, il a trouvé une solution inattendue. Il a envoyé son Fils dans ce monde. Ce Fils, qui lui était égal en beauté, en grandeur, en majesté, n’a pas “ revendiqué ce rang ” qui lui était dû. Il a accepté, par amour lui aussi, de s’abaisser, de “ s’anéantir ”, en “ devenant semblable aux hommes ” (Ph 2,6), en se faisant l’un de nous, en entrant dans ce bateau en perdition. Et avec son Père, dans une commune volonté, ils ont cherché comment retourner la situation. La solution qu’ils ont trouvée peut paraître folle, mais c’était la seule solution. Et elle a réussi au-delà de toute espérance.

      Le Père a décidé de donner son Fils, son unique, de le livrer à la folie meurtrière des hommes. Et son Fils a répondu : Père, “ je viens pour faire ta volonté ” (He 10,7). Il s’est fait “ obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix ” (Ph 2,8). Il ne pouvait pas descendre plus bas : humilié, rejeté, méprisé, torturé, abandonné, crucifié. Il a tout connu de nos souffrances. Il a tout connu de nos péchés. Il a tout pris sur lui. Dans un silence stupéfiant et une acceptation totale. Il a offert sa vie par amour.

      Et cet amour tout pur a retourné la situation. Les hommes perdus, entraînés vers le gouffre dans ce bateau en perdition, ont vu le ciel s’ouvrir et la lumière briller tout à nouveau. Ils ont découvert leur Sauveur, Jésus, dont le nom veut justement dire “ sauveur ”, celui qui seul pouvait les arracher à ce monde de ténèbres et les faire passer à son admirable lumière (1 P 2,9). Car cet amour tout pur de Jésus a obtenu ce que personne n’avait réussi à faire : enlever le péché qui entraînait tous les hommes dans un gouffre de mort (He 9,26). Sauvés ! Nous sommes sauvés, nous avons un Sauveur !

      Les passagers du Titanic, entraînés avec leur navire dans les eaux glacées de l’Atlantique Nord, au milieu des icebergs, assurés d’une mort certaine, ont pu comprendre le sens du mot “ sauver ”. Comme ils auraient voulu qu’un sauveur les arrache à leur situation ! Plus près de nous, les marins du Koursk, ce sous-marin russe perdu corps et biens au fond de l’océan, ont dû crier longtemps après un sauveur, mais personne n’est venu. Dans le monde de perdition où nous sommes plongés, nous avons tous crié un jour ou l’autre : qui peut me sauver de cette situation ? Et on ne voyait rien venir.

     Mais voici que Dieu et son Fils ont surgi dans les ténèbres de nos vies. Jésus nous a lancé ce filin qui peut nous sauver de la mort. Il a dressé sa croix d’offrande dans le ciel de nos ténèbres. Et cette croix est devenue lumière dans la nuit. Il a pardonné tous nos péchés. Il nous a ouvert toutes grandes les portes du Royaume de son Père. Il nous rend la vie. Mais quelle vie ! Une vie mille fois plus belle que celle que nous avons connue. Il nous donne la Vie, la seule vraie Vie, la Vie même de Dieu, une vie éternelle.

Que faut-il faire alors pour être sauvés ? Comme les hommes en perdition dans une mer déchaînée, il nous faut saisir le filin qui nous est tendu. Il nous faut lever les yeux vers la croix de Jésus, regarder celui que nous avons transpercé par nos péchés (Jn 19,37) et qui vient nous sauver. Crier vers lui comme dans toutes les situations de détresse : “ Jésus, au secours ”, prendre le filin qu’il nous tend, nous attacher à lui, lui confier notre vie entière. C’est cela croire en lui, c’est cela la foi. Et il nous répondra aussitôt, comme à ce malfaiteur qui a crié vers lui juste avant de mourir : “ Aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis ” (Lc 23,43). Alors, n’attends plus, crie vers lui, donne-lui ta vie, aujourd’hui tu peux toi aussi goûter une vie toute nouvelle avec lui, tu peux entrer dans le paradis. Car “ Dieu veut que tous les hommes soient sauvés ” (1 Tm 2,4). Il a tellement aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle.
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